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Les amis, je vais vous raconter mon voyage à Minsk, la belle capitale de Biélorussie et ma ville natale.
Il n’y a pas longtemps j’ai eu l’occasion de visiter la maison de mon père.Minsk défiant la loi du temps m’a semblé être rajeunie de quelques dizaines d’années. Toujours  aussi propre, inspirante  et spacieuse,  les changements lui ont  apporté un charme nouveau. Voulant  aller avec son siècle, elle a mis une nouvelle robe,  vibre de  vie nouvelle, et comme une fleur à l’aube,  a ouvert au monde ses pétales. Presque à l'apogée de son épanouissement, Minsk  laisse entrevoir ses possibilités  cachées. Dans  un futur proche, j’en suis sûre,  elle révèlera tous ses aspects, encore plus impressionnants.
Grande dame libérée, Minsk est une ville de caractère.  Et je suis heureuse  qu’à l’aise dans son siècle, elle garde  néanmoins son individualité. J’ai visité ma ville natale en hiver, c’est pourquoi, pour ne pas me transformer en glaçon, j’ai découvert de nombreux  cafés. C’était une agréable suprprise – avant  il n’y avait pas tellement  d’endroits  accueillants , ou on pouvait bavarder avec des amis sans voir le temps passer en goûtant de délicieux desserts. C’est impressionnant,   il y a très longtemps que je n’avais pas bu autant de thés! Mais à Minsk, par nostalgie, je voulais vraiment boire du thé. - les Biélorusses sont des excellents tchaelyuby (des amoureux du thé).
Karina Poita
Il y a beaucoup d’ activités culturelles : des pièces de théâtre, des nouvelles créations, des concerts… Les affiches sont alléchantes. Je voulais tant aller au spectacle sur glace  voir «Carmen»! En Europe de l’Ouest je n’ai pas remarqué chez les jeunes un tel besoin d’enrichissement culturel. Mais à Minsk (regarde  autour de toi!) – on t’inspire et on te propose de nombreuses idées pour la soirée. Pour tous les goûts!  Pour moi c’est comme du miel sur le coeur. C’est bon de savoir que ta ville natale tente de garder intactes  ses  coutumes culturelles.

Art contemporain
Malheureusement, le bas niveau de  vie des gens m’a bouleversé. J'ai parlé à beaucoup de mes amis, et j’ai pu comprendre que j'avais beaucoup plus de possibilités qu’eux mêmes de connaître et de decouvrir ma ville natale. Les salaires sont  modestes, et le travail est rare. Le gouvernement cherche les moyens d’y remédier, mais pour l’instant ne fait que  décevoir ses citoyens. La loi sur le «parasitisme» qui fait payer des taxes si on ne travaille pas,  met beaucoup de gens sur la paille. Les rêves s’éteignent. Il est si difficile de croire, lorsque qu’on nous coupe les ailes !

 

Beaucoup sont très désireux de voyager, voir le monde, apprendre quelque chose de nouveau, mais leur espoir est comme la flamme vacillante sous le vent. Les gens sont tristes, voilà pourquoi on ne rencontre pas beaucoup de sourires à Minsk. Mais ce n’est pas fatal et pas aussi grave que l’on croit. Beaucoup de gens aiment exagérer. Menchane (les habitants de Minsk) aiment leur ville et leur pays. La jeunesse  apporte une énergie nouvelle. Après tout, la ville a changé  grâce à ses habitants et brillera bientôt de tous ses feux, j’en suis sûre. Ses rues reflètent les âmes de ses habitants.  Dans leur for intérieur les Bélarusses sont très sincères, amicaux  et lumineux. Ce n’est pas pour rien que la Bélarus se traduit par "Russie blanche": blanche, lumineuse, propre.
Le caractère imposant des bâtiments  et leur ouverture sur l’espace, sur le monde, voilà le caractère de Minsk.  Pendant  les quelques années de mon absence, on a construit  d’autres  centres de loisirs. Un des plus populaires, mais aussi le plus éloigné à mon avis c’est « La Couronne ».  On y trouve  des magasins, une patinoire, un cinéma et le plus vaste palais de la glace à côté - Minsk Arena. Je remercie mes amis  de m’avoir invité pour la première fois de ma vie à un match de hockey sur glace. C’était inoubliable.
La découverte la plus surprenante pour moi fut le cinéma. Je suis une fan terrible de films. J’adore le cinéma - le grand écran, le bon son, l’expérience visuelle très différente et de qualité. Il y a un cinéma VIP à Minsk. Les chaises sont super confortables (c’est le moins qu’on puisse dire). Il y a une  tablette, il est possible  d’allonger les jambes et même  de s’emmitoufler dans une couverture chaude. Je ne m'y attendais pas. Surprise encore plus inattendue – les "restaurants- cinémas » où on vous apporte un repas pendant le film. Que des miracles!
J’avais aussi la nostalgie  du métro de Minsk, très différent de ceux de l’Ouest, c’est une des attractions de la ville: rapide, propre, confortable. Tu «planes» et tu arrives au bon endroit et en avance. Le risque  de retard se réduit  de 80 pour cent. On est en train de construire une autre ligne, la "ligne  verte."
Les rues sont larges, aérées. Les bâtiments sont hauts,  le jour y entre à flots. La nuit la ville s’embrase de lumières comme dans les megalopolis du futur. Pas étonnant  si l’on songe qu’elle a  2 millions d’habitants. On a inventé  tellement de divertissements pour les jeunes! Par exemple les Jeux sur tous les thèmes, tels les « labyrinthes egyptiens », « les secrets de la prison, » … Aventures  et émotions fortes sont au programme! On a joué au «побег из шоушенка». Je me suis sentie comme une vraie fugitive. Je voulais aller  au Jeu «psycho», mais on n’avait pas assez de temps, malheureusement.
Au printemps, comme toujours, s’ouvrent les Parcs d'attractions de la ville. A Minsk il y a le Parc de Tcheluskintcev, Gorki Park, et il n’y a pas longtemps on a ouvert Aquapark (je n’y étais pas encore allée). Le cirque de la ville s’est transformé aussi. La reconstruction a duré 6 ans. C’est intéressant de voir comment il est maintenant à l’intérieur.
Il y a beaucoup de parcs naturels à Minsk. Les gens se promènent le long des ruisseaux en bavardant tranquillement.  « Les Roses » sont le point de rassemblement des jeunes. Quand j’ai demandé à mon amie ce que c’est elle a beaucoup ri.  «C’est  la première fois de ma vie que je rencontre quelqu’un qui ne connaît pas  les Roses».
En effet c’est justement le monument  dédié  aux morts du métro il y a une vingtaine d’années. Quand j’étais encore  petite, la ville a connu une grande tragédie. A cause d’une trombe de grêle tombée subitement sur la ville, les gens ont paniqué. La foule a couru dans le métro. Beaucoup sont morts  étouffés dans la cohue. Minsk  commémore ainsi cette page sombre de son histoire. Mais, ne broyons pas du noir. Je vais vous parler un peu des endroits qui m’ont beaucoup plu.
Чайхона. Thaichona. C’est un café très sympa qui se trouve juste à côté de la grande librairie. Tout est dans le style oriental Très très bon thé fait avec des anciennes recettes. L’intérieur du café attire l’attention. Les serveurs sont très amicaux. Le menu étonne par le choix abondant et les couleurs variées. С'est chouette de passer du temps avec des amis ici et se rechauffer un peu après une promenade. Les vitres sont teintées – tu vois la ville, mais la ville ne te voit pas!
Une promenade dans le quartier ancien et un très très bon café à goûter. Une amie m’a invité  à nous perdre dans les petites rues anciennes dans le centre de la ville. On est tombé sur un très bon café. Là on cuisine des vrais pirogki russes (petits pains).  La partie la plus ancienne de la ville c’est Troetskoe predmestie – la seule qui est restée intactes après la Deuxième Guerre Mondiale. C’est le coeur de la ville qui bat  jour et nuit. Les anciens squares  alentour te mènent entre les maisons très originales et très petites pour Minsk.  Troetskoe predmestie se trouve à côté de la rivière non loin de l’Opéra.
J’ai gardé un souvenir chaleureux de mon enfance – le bistro Lido aimé par tout le monde. Jusqu’à ce jour il accueille  de nombreux clients.  Ici on cuisine des plats biélorusses traditionnels «comme chez  grand mère»! Self-service – choisis tout ce que tu veux! Mais le plus important ce sont les decorations. Les fênetres  ouvrant du sol au plafond, les tables de bois sculptées à la main et une enorme roue de moulin. Atmosphère très accueillante.. Je me souviens d’être venue souvent ici avec ma mère.
Le voyage à Minsk était fertile en émotions et m'a laissé beaucoup d’agréables souvenirs.  On me faisait peur en disant que Minsk est grise et triste. Mais le plus important c’est la compagnie des amis et  de savoir ne voir que le beau dans chaque nouveau jour. Minsk m’a rendue heureuse.
Il  reste vrai que les Bélarusses découvrent de nouveaux horizon s à l'intérieur d'eux mêmes et se libèrent comme le fait Minsk - briser les chaînes, faire germer la nouvelle vie et croire de nouveau.  Le monde brille de différentes couleurs. Il est beaucoup plus spacieux et beaucoup plus grand que l’on croit.  C’est beaucoup plus intéressant de vivre quand le monde est un grand mystère et chaque nouveau jour crée de la magie.
Je vois comment Minsk  s’est transformée et aussi qu'elle n'est pas au bout de ses métamorphoses.

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