LETTRE D'EUROPE 2

 

RIGA 2014 - Capitale Européenne de la Culture

Les Lettons sont des Baltes, au mot Culture ils sortent leur âme, leur Baltique en été ils marchent vers elle, silencieux, et leur mer  en hiver est  comme un lac gelé couleur d’ambre où rôdent les troll. Même à la plage au soleil  ils sentent toujours un peu  l’hiver, ils rient en touristes devant  l’ hôtel du KGB . où l’on mourait. Mais passent les tanks de l’Otan. Qu’un Sukkoï maraude aux frontières. Et dans les parcs les enfants  s’arrêtent de jouer. Sous tant de douceur, la peur. Ces Baltes là font sans nos Lumières et nous ne les voyons pas nous regarder.  Nous ne les entendons pas plus gémir sur leur sort : ils se taisent. A part la monnaie unique parfois mal vue, ils ne nous doivent rien sans ménager leur peine.. Pour salaires des aumônes d'Emirats? Bâtir dans leurs déserts tours et palais? Dormir dans des hangars, congé les jours qu’on décapite? Les enfants au pays doivent manger. Leur économie en ruine? Leurs plages à Jurmala achetées par des oligarques? On ne pleurniche pas. On se bat, on se tait. La Sécu, les congés payés, la « normalité » ? On verra après. La semaine de 35 heures ? Ils sourient. Ces Baltes là nous font drôlement, je trouve,   la leçon du courage.

              Pourquoi dès lors entre eux et la Russie, cette faille qui s’élargit ? Cette Russie qui perdit des millions d’hommes, entre autres à les libérer deux fois des nazis?. Mais qui les ruina aussi deux fois de suite ? Ils nagent pourtant dans les mêmes fleuves, la Daugava prend sa source près du Dnieper,  la Narva de Saint-Pétersbourg passe à Narva capitale d’Estonie où les habitants sont presque tous …Russes. Sur leurs rives leurs filles s’appellent toutes Maïa, Tanya ou Evguenia. Se refaire la guerre,? Autant bombarder Strasbourg sur le Rhin  depuis Dinant sur la Meuse. Leurs églises à coupoles et leurs icônes dorées se ressemblent toutes. Alors pourquoi ?


J’espère obtenir d’eux  mon premier « arbre à poésies » , carrefour du monde lui aussi, pilote d’un réseau couvrant l’Europe et lui donnant  son premier espace commun qui ne soit pas de papier. Aussi, je les aime mes Lettons, alors je les chouchoute. De quel bois serait fait cet espace européen ? De celui des fêtes poétiques, organisées une fois l’an au pied de mon arbre. . Sur quel terrain ? Sur le lopin que leur Etat voudra bien consentir de céder . Si 27 autres l’imitent nous aurons quelque part un Jardin des Arbres, premier espace commun européen, avec pied à terre. Quel gouvernement refusera de se séparer de trois coudées de terre avec au milieu un arbre ? Et au profit de qui ? D’une nation en gestation.  Pour emporter le morceau, je conterai l’histoire d’une princesse Tyrienne  dont le parfum séduisit un dieu-taureau ailé. Il lui fit des petits à Méroé  sur le Haut Nil.  Son guide était  fils de Gaïa, Titan nain bien plus ancien que nos druides, premier Européen qui survit à travers nos nains de jardin. A deux ils  forceront le destin d’une Europe dont le parfum séduit plus que jamais le monde. Elle aura certes un palais, un palais avec jardin. Et elle sera reine.

               C’est dans Riga que je ai rencontré ce monde qui afflue. Des groupes nord-coréens sagement assis avec le drapeau rouge sur les genoux, en passant par les belles Suédoises des Flickkören, les ballets africains, les danses malgaches ou les orchestres malais. Les maisons de bois de l’ancienne ville où Timurs naquit de mère Russe,  son église toute dorée, m’ont fait promettre de revenir. . Les escargots roses et bleus du musée de la médecine, tous s'y sont mis.  Passer au noir dans l’Empire du Froid en franchissant de nuit la Narva ?  J'ai plus l'âge..  Il me reste un vide. Et un  souvenir sportif : aller dormir à hauteur de mouettes, c'était dix étages sans ascenseur  dans l’ escalier d’un ancien immeuble collectif  qui ne lésinait  pas sur la pierre. –André Bolle

 


 


Spigo Girls


Bibliothèque Nationale

A.Osokins. K.Gupalo



Cathédrale de la Nativité

Parapente Mont Blanc

Quartier Kalciema

 


 

Emma Peau m'a dit
Les Mardis du Canard


Art contemporain

Les Mardis au Canard,
A la machine à café,
Les canardeurs s’échinent
Dans leurs très rouges tabliers.
.
Aventuriers des confitures,
Vive la quille, vive la quille !
La plume  à gauche de père en fils,
Ils se tricotent des écritures.
Chaud Mercredi !

Mais qui s’étale dans ce bouge ?
A mon avis c’est l’Emir Gras,
Pour un discours très impromptu
Sur les petits rats de Cuba
Et ses exploits en Emirats.

André Maljour.

L’enrobé d’Elysée-sur-Dunes

Eut trois Femen à leur insu.
Un Qatari fourré de thunes
Ne fut pas non plus de refus,
Car nom de Marx y faut qu’ça bouge !

« J’y ai mangé d’ la tête farcie,
C’était le jour qu’on en coupait,
Arrosée d’un petit beaujolais,
Les ouvriers avaient congé.

Allons enfants de la patrie !
Qu’un sang impur arrose la dune !
Mettons nos rouges tabliers 
Et tous ensemble à rafaler !! "

L’exorde   sur ce couac finit.
Le rond obscur part en vadrouille
Sur fond de foudre.
Le ciel soudain s’est obscurci.
Comment aimer cette rouille ?

Et ce Canard en tablier ?

 


 

 
 

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